X RITERN)  .  (S

Du 1 Août au 1 septembre 2017

 

X RITERN)  .  (S

OBJET FIGURATIF NON-COORDONNÉ DE 2012 AUTOUR DUQUEL TOURNE

UNE RITERNELLE DE 2017, RÉPÉTÉE 10 FOIS VISUELLEMENT ET RÉPÉTÉE UNE INFINITÉ

DE FOIS DANS SON DÉROULEMENT TEMPOREL.

 

Œuvre excoordiste ciselante appartenant au corpus DU MEILLEUR AU PIRE.

2 impressions (30x40cm) et fichier GIF (122 images continues). Productions Extd. Août 2017.

Le texte suivant, qui figure sur les deux impressions, explique et détaille l'œuvre.

 

 

STRUCTURE DE L'ŒUVRE

Sous la forme d’un film répété en boucle, cette réalisation se compose d’un objet figuratif – une femme nue dessinée au crayon blanc et laissée inachevée – ainsi que d’une riternelle répétée à l’identique 10 fois. Chacune de ces 10 riternelles s’organise et gravite autour du ventre féminin comme pour former, ensemble, une sorte de hula hoop en apesanteur perpétuelle. Ainsi, chaque riternelle commence derrière le dos de la femme nue, et termine au même endroit, tout en effectuant entre ce point de départ et ce point d’arrivée une rotation de 360° sur elle-même. De plus, une riternelle étant comme son nom le suggère, « éternelle », son contenu, ainsi que ses déplacements effectués autour de l’objet figuratif, est répété continuellement. Toutefois, une riternelle n’est pas infinie dans le sens où l’on doit envisager mentalement un rythme interminable à partir du visuel présenté, mais plutôt sans fin dans la mesure où le support numérique qui la rend visible (un fichier GIF) continu de réitérer ses composants. De même que la répétition au sein de la musique d’ameublement d’Érik Satie était garantie par une interprétation qui prolongeait continuellement une seule et même suite de notes, cette œuvre excoordiste ciselante recourt à la polythanasie par la banalisation, théorisée et pratiquée par Roland Sabatier, en l’appliquant à deux niveaux rythmiques. Bien que la répétition soit implicite au sein des infrastructures de la riternelle par ses « rimes », cette dernière est véritablement répétée visuellement 10 fois sur la bande-image, pour encore être répétée, une infinité de fois, dans le temps.

 

 

STRUCTURE D'UNE RITERNELLE

Une riternelle est un rythme excoordiste composé de 12 élémentiques différentes, non-extendues, et propres à la peinture, la sculpture, l’architecture, la photographie, la musique, la poésie, le roman, la danse, le théâtre, le lettrisme, l’hypergraphie et l’esthapéïrisme. Notons au passage que l’artiste se prive volontairement et arbitrairement d’utiliser au sein de la riternelle des fondements propres au théâtre, à la marionnette ou encore à la pantomime.

Ces 12 composants sont organisés en 17 vers distincts qui forment à leur tour 5 strophes. L’œuvre X RITERN)  .  (S poursuit donc l’exploration de l’approfondissement de certaines cadences poétiques par l’art des extensions et des coordinations, avec des moyens de réalisation relatifs au cinéma, approfondissement déjà amorcé par le film ENTRELACEMENTS qui n’agençait seulement que des élémentiques du septième art ou de l’art plastique. La différence tient cependant au fait que l’accomplissement proposé ici élargit les constituants des rythmes poétiques excoordonnées à d’autres disciplines qui ont été mentionnées antérieurement. Pour résumer, une riternelle reprend donc des cadences propres à l’art des vers, en les extendant à peine, en les coordonnant de façon évidente, et en substituant leurs contenus originels – les mots – par une phrase, un mot, une brique, etc. En ce sens, la riternelle et ses infrastructures révèlent de nouvelles formes poétiques au sein de la phase ciselante et du rythme intégral téïsyniste.

 

 

HISTOIRE DE L'ŒUVRE

Sur le plan de l’histoire ou de la chronique, la réalisation accomplit un rapprochement superficiel entre deux parties qui ne sont pas liées chronologiquement. En effet, alors que la femme nue a été dessinée dans le cadre d’un cours de modèle vivant en 2012, à une époque où l’artiste commençait tout juste à connaître l’Hyper-créatisme et l’excoordisme, tout le reste de l’œuvre, fait en 2017, s’avère le fruit de sa progression personnelle durant ces 5 années. Le déséquilibre entre un élément franchement réactionnaire et un ensemble de cadences franchement avant-gardistes permet d’introduire au sein de la réalisation un grand écart élémentique, rythmique, mais également chronique. Toute la partie proprement téïsyniste, à la fois trop riche par ses organisations et par sa réitération perpétuelle, est finalement ajoutée à l’autre, simplement figurative, comme un lourd et resplendissant ornement sur une femme poussiéreuse et ignare qui ne sait de quoi est fait ce qu’elle est train de porter.

 

 

ÉLÉMENTS DE LA RITERNELLE VISIBLES SUR LE FILM

A correspond à un volume abstrait rose.

B correspond à une esthapéïrie.

C correspond à une brique orange.

D correspond à un mot : « Non ».

E correspond à une phrase : « Parmi les membres actuels et à venir de l’Hyper-créatisme, peut-être que certains pensent ou penseront que mes activités à l’égard de l’Art et de la Culture se résument essentiellement à une seule création esthétique proposée par Isou ; or, en réalité, l’excoordisme artistique force à pénétrer l’ensemble des domaines du Savoir et de l’existence, et plus spécialement l’intégralité des arts antérieurs à sa création, puisqu’il peut les restructurer et les approfondir de la façon la plus novatrice qui soit. »

F correspond à un portrait de Hugo Bernard à 24 ans.

G correspond à un geste de bras qui se replie.

H correspond à une note : noire sol.

I correspond à une lettre qui est un « Z » avec un dégradé allant du jaune vers le vert.

J correspond à une photo en noir et blanc de cailloux proches d’un précipice irlandais.

K correspond à un signe hypergraphique en volume avec un dégradé allant du bleu outremer vers le magenta et dont l’épaisseur est de couleur cyan.

L correspond à un trait orange avec différentes épaisseurs.

La fin d’un vers correspond à une barre slash blanche.

La fin d'une strophe correspond à un losange noir au contour blanc.

La "fin" d'une riternelle correspond à un pentagone noir au contour blanc.

 

 

COMPOSITION D’UNE RITERNELLE

Les vers et éléments qui suivent sont limités à une seule solution, celle, concrète, que l’artiste propose.

 

Strophe n°1

Quatrain en alexandrins en rimes plates

 

ABCDEF FEDCBA (2 bribes miroiriques d’épanalepse ou épanalepse fragmentée en deux, et dont la seconde partie est inversée, provoquant ainsi un effet miroir)

EBC FHA EBC FHA (deux parallélismes fragmentés en deux puis réunis de façon à être enchâssés).

HGGH JKKJ LIIL (trichiasme ou trois chiasmes juxtaposés horizontalement).

DKA DIG DCB DJL (contracto-anaphore ou anaphore fragmentée en 4 puis contractée en un seul vers).

 

Strophe n°2

Sizain en rimes croisées inachevé

 

ALALAL (contracto-symploque épurée ou symploque en 3 vers fragmentés, débarrassés de ce qui se trouvait au centre des extrêmités, puis entassés en un vers).

IEF IE I (anaphore dégressive et contractée ou anaphore dont la deuxième et la troisième parties ont été fragmentées, puis juxtaposées horizontalement pour ne former qu’un seul vers).

LKGHFL (épana-mi-vers ou épanadiplose fragmentée et débarassé de tout sauf de ses extrêmités pour insérer la moitié d’un vers auparavant composé de 8 élémentiques).

 

Strophe n°3

Quintil de deux contracto-rondeaux enchâssés, ou fragmentation alternée de deux rondeaux entassés pour favoriser leur interpénétration

 

Premier rondeau avant d’être fragmenté et enchâssé, et dont les 9 vers des 3 strophes ont été réunis de façon à construire un contracto-rondeau, constitué d’une seule strophe de 3 vers :

BCCB

BCCB

B

 

Deuxième rondeau avant d’être fragmenté et enchâssé, et dont les 9 vers des 3 strophes ont été réunis de façon à construire un contracto-rondeau, constitué d’une seule strophe de 3 vers :

DDFF

FDDF

F

 

La strophe n°3 ou les deux contracto-rondeaux précédemment cités, après avoir été fragmentés et enchâssés :

BDCD

CFBF

BFCD

CDBF

BF

 

Strophe n°4

Sizain dont les composants sont toujours la résultante d’une fragmentation

 

A (klamyriadain ou bribe d’un fragment d’un hémistiche d’un myriadain qui est un vers d’une longueur infinie)

K (klamoctocalligramme ou bribe d’un octocalligramme ou de huit calligrammes réunis et superposés)

J (1/108 d’un sonnet en alexandrins ou bribe (le 108e) d’un sonnet en alexandrins)

C (vers fragmenté pour ne conserver que le contre-rejet)

C (morceau d’un rondeau ou d’une ballade ou d’un sonnet, à vous de voir…)

E (bribe d’une forme poétique dont je ne donnerai pas le nom)

 

Strophe n°5

Pangramme-alexandrin (dans la mesure où il use des 12 élémentiques de la riternelle) avec épanadiplose à la clef

 

LKJIHGFEDCBA